
Le dégoût du sexe
Avril 2025
En tant que seksothérapeute, il m’arrive d’accompagner des personnes souffrant de dégoût pour le sekse ou d’aversion seksuelle qui, sévère, peut se caractériser comme une phobie et générer de l’anxiété et la honte.
Les symptômes sont divers, le dégoût peut être spécifique à des pratiques, des positions, des sécrétions, des odeurs, postc0ïtal ou plus général touchant la sphère à la fois personnelle (dégoût pour ses organes géniaux) et relationnelle (impossibilité d’accéder à de la seksualité interpersonnelle). C’est bien sûr souffrant et handicapant.
Les causes sont multiples et chaque cas est particulier. Cela peut être bien sur un abus ou vi0l ou inceste, une exposition traumatique à la vie seksuelle des parents, à la nudité des parents. La culture l’éducation, la religion peuvent aussi influer, la transmission transgénérationnelle a un grand rôle également.
Ce dégoût sert parfois à repousser l’autre quand notre identité, nos limites, nos frontières sont floues et que notre confiance en soi est fragile. Parfois nous nous jugeons si négativement qu’il nous est impossible d’interagir avec l’autre et le dégoût sert à nous protéger de toute interaction. Le dégoût est une émotion primaire presque instinctive et elle est souvent le signe d’une fermeture, d’une tension, d’un figement, d’une dissociation qui s’originent dans un trauma, car le dégoût implique une notion de danger ou un interdit puissant.
Il est intéressant de noter que l’excitation seksuelle amenuise l’émotion de dégoût, il faudra donc questionner ce niveau d’excitation qui, s’il est insuffisant, ne permettra pas de dépasser le réflexe du dégoût protecteur.
Il faudra tout un parcours pour redonner de la sécurité et de la confiance et accéder très progressivement à des sensations de plaisir d’abord non seksuel puis toujours dans la sécurité, la confiance, le lien aller par petites touches vers plus de sensualité en étant accompagné-e par un-e professionnel-le.